CR + Vidéo Trail de l’Aber Wrac’h 2018

Le Trail de l’aber Wrac’h c’est une relation spéciale qui nous unit !

D’une part, mes « beaux grands-parents » possèdent un mobil-home dans le coin et nous adorons nous y rendre chaque été.

D’autre part, c’est ce trail qui a ouvert le bal de mes Trails longs il y a deux ans maintenant.

L’ayant déjà fait, enfin il me semblait, j’avais un temps de référence à battre.

Vous allez voir que rien ne s’est passé comme prévu et le trail nous rappelle toujours qu’il faut faire preuve d’humilité à chaque instant.

Pour voir la vidéo directement, RDV en bas de la page.

 

On y va !

Le circuit n’étant pas une boucle, et le retrait des dossards se faisant à l’arrivée. C’est la veille que je vais chercher puce et dossard pour être tranquil le matin.

J’en profite pour regarder le parcours affiché dans la salle sur une grande carte et écouter Joël Caer, organisateur du trail nous présenter les différents passages.

J’apprends également à cette occasion, qu’un dé-balisage a été réalisé. Les baliseurs ont donc dû refaire le balisage plusieurs fois sur cette portion.

Je ne comprends vraiment pas l’intérêt et les motivations de ceux qui réalisent de tels actes.

Le stress d’un dé-balisage au dernier moment est donc bien présent chez les organisateurs…

Briefing sur la plage

Comme le veut la tradition depuis quelques années le départ du trail se fait depuis la petite île Enez Croas-Hent à Guisseny.

C’est donc les pieds dans le sable que nous écoutons les consignes du boss, et le mot du maire mécontent de s’être levé tôt 🙂 mais surtout nous encourageant à profiter des paysages somptueux de sa commune.

Feu vert !

départ

Le troupeau se dirige sur l’ile ! Nous attendons sagement, quand le top départ est lancé sur fond de la musique de pirate des Caraïbes, et des agents de la SNSM qui éclairent notre passage avec leurs fusées de détresse.

On est bien à l’Aber Wrac’h les codes du départ sont respectés, on a vite les pieds dans le sable. Tout le monde est content !

C’est parti pour 56 bornes !

 

Au début tout va toujours bien !

On est chaud; un peu de frustration quand certains doublent lors de bouchon dû au flot important de coureur (esprit trail où es-tu ?) !

Les premiers kms sont toujours l’occasion d’apercevoir les premiers prendre déjà tant d’avance sur nous ! Bonne course à eux, on ne les reverra bientôt plus qu’à l’arrivée ! Impressionnant !

C’est aussi l’occasion de croiser des têtes connues et d’échanger quelques mots sur l’état de forme de chacun, l’objectif temps visé et les prochaines épreuves en préparation.

Chose nouvelle pour moi, c’est aussi l’occasion de recevoir quelques encouragements de gens que je ne connais pas mais qui m’ont reconnu grâce à mes vidéos. Merci à vous! C’est toujours sympa d’échanger et de recevoir vos messages d’encouragements toujours bienveillants.

Bon voilà, on a passé les premiers kms, chacun tente de trouver son rythme. Les mots se font plus rares dans le peloton.

Une heure ! Une heure, c’est le temps qu’il me faut pour me sentir bien ! Avant ce temps de course j’ai l’impression de ne pas avoir de jambes et d’être aux choux aujourd’hui !

Les 35 premiers kms du parcours longent la côte qui est très plate dans ce secteur. On arrive donc facilement à courir. Seuls quelques passages dans les rochers ralentissent notre allure.

Je pars donc rapidement avec toujours une petite voix dans ma tête me disant « attention la deuxième partie va piquer » !

Quand ça se complique

Ce ne sont pas les conditions météo qui auront été dures avec nous. Un temps magnifique nous a accompagnés tout du long ! Avec même une sensation de chaleur à certains moments me faisant hésiter à enlever ma sous-couche.

Un des aspects à prendre en compte avant le départ du trail est l’autonomie alimentaire. Élément essentiel! D’où l’importance de bien lire le règlement de la course…

J’ai donc pris avec moi, 6 barres de céréale à la pomme, 2 gels goût menthe et un sachet mix de noix de cajou, noix, poire… ! Je teste aussi pour la première fois des pastilles isostar à mettre dans l’eau ! Avec ça je devrais m’en sortir…

Petit retour en arrière

La veille de la course je fais part, à ma femme, de mon ressenti face à la prise d’un départ pour un Trail long. Je n’ai plus ce stress d’avant course, cette hésitation « vais-je arriver au bout ? », ces larmes de joie quand je passe la ligne d’arrivée !

Je lui fais part de ce ressenti car je sais que ce moment où l’on a tendance à banaliser un effort de plus de 7h = danger ! Le danger est de se croire tout puissant et infaillible ! Quitte à laisser certains aspects de la préparation de côté.

Retour à la course

Nous traversons les plages une à une. Magnifique cadre, M. le maire vous avez raison, votre coin mérite le détour!

Les petites vaguelettes de sable dur me font bien moins souffrir qu’il y a deux ans (grâce à mes speedgoat ? Peut-être…) !

Les passages sur les rochers ne me font pas peur, je cours dedans en mode « ça va passer » ! Ces passages me rappellent mon enfance à me balader sur les rochers entre les plages de Telgruc Sur Mer (Nostalgie ? Peut-être…) !

Jusqu’au moment où mon pied tape dans une pierre violemment ! Petit check-up rapide pour sentir si rien n’est cassé ! Je trainerai cette douleur jusqu’au bout !

Sauf que cet état de forme n’a pas duré 56 kms comme essayait de me prévenir le petit ange dans ma tête !

Au fond du trou

dans le mal

Et c’est un gros coup de moins bien qui va m’accompagner durant 1h30-2h !

L’idée d’abandonner pour la première fois commence même à faire son apparition ! Je n’y crois pas ! J’en parle à ma femme hier qu’il ne faut jamais être trop sûr de soi et c’est aujourd’hui que mon corps me lâche ? Ce n’est pas possible il faut que je trouve la cause de cette faiblesse !

Ma femme étant sur le parcours avec ma maman, mes beaux-parents et mon fils (venu me voir pour la première fois du haut de ses 13 mois). Ceux qui sont passés à leur niveau aux alentours de midi ont dû sentir une bonne odeur de merguez venant de leur barbecue.

J’arrive à leur niveau et profite de faire une pause, ils me voient au plus mal. A ce moment-là, si je m’allongeais dans la pelouse, je m’endormais !

Je poursuis malgré tout ma route en marchant. Tout le monde me double. Moment très dur psychologiquement !

 

Le « tunnel of love » m’a sauvé

Passage mythique du trail. Il s’agit d’un petit tunnel franchissable uniquement à 4 pattes, possédant un cours d’eau froide à souhait sur une hauteur de 10cm environ.

Afin d’éviter au public claustrophobe de ne plus pouvoir avancer, les organisateurs ont tout de même prévu un chemin alternatif !

Ce passage fût surtout pour moi l’occasion de faire une pause sérieuse, les pieds dans l’eau, me faisant même charrier étant en mode « bain de pied » ! Et c’est aussi à ce moment que j’ai profité de manger mon fameux mix de fruits secs !

3 kms plus loin la machine était relancée ! Je reprends du terrain et passe mon temps à rattraper les concurrents m’ayant doublé jusque-là.

Certains en profitent pour me charrier en me disant : « ouaou tu t’es économisé depuis le départ… ? » S’ils savaient…

Je prends un plaisir fou sur cette seconde partie où je peux courir avec une aisance folle et sauter entre les racines, traverser les cours d’eau et le passage en mode « via ferrata ».

Mais combien de temps cela va durer ?

Inquiet que mon coup de barre revienne, je me demande si je ne vais pas le payer à un moment ! J’en garde donc sous le pied et me rappelle des conseils que j’ai écrit dans cet article détaillant comme gérer son allure.

Une rumeur dans les rangs traine que le parcours fait en réalité 54kms et non 56kms ! Ce qui peut paraitre ridicule comme écart mais quand on s’approche de la ligne d’arrivée, 2 kms semblent durer une éternité !

Je garderai cette forme jusqu’à la fin ou presque. Me faisant rattraper par 5 ou 6 copains de course dans les derniers instants.

C’est donc en 7h22 que je franchis la ligne d’arrivée. On est bien loin de l’objectif de 6h ! Sauf que je fini ce trail sur la satisfaction d’une épreuve accomplie qui m’aura permis d’en apprendre encore un peu plus sur moi-même.

C’est pour ces raisons mes amis, que je ne cesserai d’affirmer qu’il faut oser vous lancer, et vous inscrire à des courses même si vous n’avez pas pu faire le programme de préparation idéal, même si vous pensez ne pas avoir le niveau, même si votre entourage vous dit que c’est trop dur ! Franchissez le cap ! Participez à plein de courses ! Ce sont uniquement ces expériences qui vous serviront pour plus tard !

Sans ces expériences, vos croyances restent des imaginations de votre esprit !

Alors défiez-vous !

 

La suite

C’est le Trail de Guerlédan et ses 63 kms qui verront ma bobine d’ici un mois et demi ; 15 jours plus tard c’est sur la Saute mouflon et ses 55kms que je serai. Moment phare de mon année sportive, car je vais réaliser ma plus longue distance jamais faite d’une traite et mon plus gros D+ réalisé à 15 jours d’écart…

Aucun bobo n’étant à déclarer, la préparation va pouvoir reprendre dès ce weekend avec du bouffage de D+ en pagaille !

Un grand merci à tous ceux m’ayant reconnu et tapé la discute durant ce weekend ça me fait toujours très plaisir !

Si ce n’est pas déjà fait je vous invite à télécharger mon E-Book qui vous donnera 15 conseils pour courir plus vite.

Je vous dis à la prochaine et prenez soin de vous 🙂

 

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