L’ULTRA DES VAGUES – Mon récit

Voilà c’est fait !

Nous sommes le lundi 25/09/19, le jour où j’écris ces lignes, le trail de Belle-Ile est terminé. J’ai un café à ma droite et il va falloir retourner au boulot d’ici peu et revenir dans le vrai monde !

Difficile de se dire que ce trail tant rêvé est maintenant derrière moi ainsi que tout ce qu’il a emporté avec lui !

Revenons-en au début si tu le veux bien… (T’façon t’as pas le choix à moins de sauter des lignes… 🙂 )

 la planete trail

Les premières frustrations

Tout a commencé en 2015… Année du début des tirages au sort pour participer à ce trail, tant son succès est immense.

Cette année-là j’ai réalisé difficilement mon premier trail de plus de 50 kms mais bon… pourquoi ne pas s’inscrire sur un trail plus long… ?

C’est chose faite, avec mon poto Thomas et une équipe de gaillards prêts à en découdre, nous nous inscrivons !

Échec ! Nous sommes boulés au deux tirages au sort ! C’est la grosse déception mais au fond de moi je me dis que ce n’est pas si grave mon niveau de cette époque n’est peut-être pas suffisant !

En 2017, tout a changé ! J’ai maintenant plusieurs trails de 50kms à mon actif avec aucun abandon et surtout 0 blessure ! Je me sens donc plus légitime à augmenter la distance et ce trail est LE trail qu’il me faut pour passer dans la catégorie des plus de 80kms ! Ultra trail ? Ou pas… je vous laisse choisir !

Je prends en main les inscriptions dans mon club pour participer au tirage au sort du groupe. C’est un nouvel échec mais je suis confiant pour le tirage au sort individuel, je me dis que je ne peux pas me faire bouler 4 fois de rang, ce serait vraiment pas de bol…

Et bin si !

ÉCHEC également ! La déception est très grande ! Je peste ! Je suis furieux contre ce système de tirage au sort qui ne favorise pas les gens qui n’ont jamais participé au trail !

Mais bref, je finis par me faire une raison et me dis que ce n’est pas la fin du monde non plus…

 

Tout vient à point…

La saison s’organise sans cet objectif du coup… et les trail s’enchaînent plutôt bien avec pour mission de faire tout ceux du Ouest Trail Tour !

Durant mes vacances d’été, j’ai déconnecté des réseaux sociaux un maximum pour faire une pause technologique !

J’allume mon téléphone quand même de temps en temps et je reçois une notification qu’un ami Facebook a commenté: une publication sur le groupe trail running en Bretagne… Je vais fouiner, et il s’agit d’un mec qui vend son dossard pour le 83kms car il n’est plus dispo ce weekend-là ! Je lui envoi tout de suite un message privé !

MEEEERDE ! Encore raté ! Un gars l’a déjà contacté ! Je ne suis pas trop déçu, je n’y croyais de toute façon pas !

Le soir même ce brave homme me contacte, pour m’annoncer que le premier s’est en fait désisté ! J’ai donc mon billet pour participer au trail ! Je n’y crois pas !

Voilà, qu’il fait les modifs sur oxybol et je vois mon nom inscrit sur la liste des participants ! Un rêve qui se réalise !

Cette île, que je connais bien, pour avoir mon grand-père qui y a vécu, va donc me voir fouler ses terres !

 

La préparation en Bref !

J’ai donc mon billet un mois avant le jour J ! Je préparais le trail de Brocéliande donc cela me laisse 15j de plus pour affiner la prépa !

Le programme est simple, balade dans les montagnes de Font Romeu et là où je peux quand je veux pendant mes semaines de vacances en fourgon !

Pour les 4 dernières semaines, je décide de faire un programme plus carré basé sur mes axes d’améliorations !

C’est donc des séances de Myocross et de Crossfit qui se programment dans mes semaines à venir !

Voilà mon plan de ces 4 dernières semaines :

 

la planete trail

Top départ !

Après une veille de course plutôt mouvementée à base de « ratage » de bateau, et autre festivités qui te compliquent bien la vie, me voilà au départ !

La nuit n’a pas était très reposante, réveil en sursaut toutes les heures de peur d’avoir raté mon réveil ! Stress d’avant course oblige !

Je suis pour une fois bien en avance sur la ligne de départ.

Ludo Collet met l’ambiance comme il sait si bien le faire en nous faisant un petit échauffement à base de holà et de clap clap pour les bénévoles.

Le départ est lancé, avec musique bien émouvante, limite petite larmichette tellement ému de prendre ce départ. Les fumigènes de détresse sont aussi de la partie ! Plus stylé à regarder qu’à vivre, ça pique les yeux et la gorge quand on passe dedans, mais ça ne dure pas bien longtemps 🙂

 

Départ de nuit

La nuit accompagne nos premières foulées, on peut lire sur les visages que chacun prend son temps dans les premiers kms, nous aurons tout notre temps pour accélérer si on veut…

Je ne mets pas mon coupe-vent car malgré la nuit il ne fait pas bien froid, nous sommes protégés du vent de ce côté de l’île.

Les sensations sont bonnes dès le départ et je me cale sur une vitesse de 8.1km/h que j’espère tenir le plus longtemps possible.

Arrivée sur la plage des grands sables, la majeur partie des coureurs ont, comme moi, éteint leur lampe.

 

Première erreur !

La partie entre Le Palais et Locmaria est la plus technique tellement les bosses s’enchaînent sans répits. Dans la dernière côte avant le ravitaillement je croise Youri du blog Trail Hysteria.

Nous voilà au premier ravitaillement, la famille est là pour m’attendre et m’encourager ! Jules, mon neveu de 3ans, cri comme un sourd « ALLLEZZZ TONTOOONNNN », ce qui ne manque pas de bien faire marrer l’assemblée. Mignon bonhomme 🙂

C’est aussi l’occasion de remplir les flasques, il était temps je suis à sec ! Je mange du salé comme à mon habitude !

Là où je fais une erreur de débutant, c’est que je laisse mon coupe-vent que je juge inutile sur le moment ainsi que ma frontale. Pour la frontale, je ne prends pas beaucoup de risque, normalement je serai stoppé avant la nuit prochaine… Par contre, le coupe-vent fait partie du matériel obligatoire et ce fût une grave erreur de ne pas le garder sur moi pour gagner quelques grammes à porter… Vous verrez pourquoi plus tard !

la planete trail

Quand la pluie s’invite

Les kms défilent à une vitesse impressionnante, on ne voit pas le temps passer tellement les paysages sont magnifiques.

Je suis toujours avec Youri et nous nous racontons nos vies, ce qui fait aussi passer le temps vite et nous doublons sans même s’en rendre compte un paquet de coureurs.

Nous sommes maintenant côté sauvage et la pluie entre en scène ! C’est d’abord un crachin qui nous accompagne ! Pas de quoi affoler un Breton ! Mais très vite le vent s’y met, courir est alors le seul moyen pour rester au chaud.

Nous arrivons au ravito de Bangor, il pleut légèrement mais dans les terres le vent est raisonnable.

Ma femme ne peut pas se rendre au ravito, elle a le petit avec elle et ce n’est pas simple de tout gérer.

Elle me rejoint donc plus tard sur le chemin au niveau de l’Hôtel castel Clara. Cet hôtel fait également thalasso, et à ce moment j’irai bien y faire un tour…

Là encore, je suis encouragé par mon neveu qui gueule autant qu’il peut « ALLLEZZZ TOONNNNTOONNNN ! » ! Encore un moment de rigolade avec les autres coureurs 🙂

Je demande à ma femme mon ravitaillement perso, nous somme hors zone (paaas biiiienn) mais c’est celui qu’elle aurait dû me donner au ravito de Bangor… Sauf que… Madame a oublié ma pochette à la maison ! Flute !

Nous sommes au km 45 et le prochain ravito est dans 25 kms ! Ça va être chaud de tenir jusque-là avec seulement une compote à manger en 3h00 !

 

Ce qui devait arriver arriva !

Je me change vite les idées et positive en me disant que ça va le faire !

La pluie et le vent sont au max de leur forme et nous fouettent le visage rendant la progression difficile par moment.

Cela amplifie la consommation d’énergie du corps qui lutte pour rester au chaud.

Mais cela ne peut pas durer bien longtemps…

Je me tape une hypoglycémie accompagnée d’une petite hypothermie ! Pour rappel, je n’ai pas ma veste de pluie, comme je l’ai laissé au premier ravito…

Je réussi à appeler ma femme et lui demande de venir le plus vite possible, je suis gelé et j’ai besoin de sucre !

Lors d’un passage routier, je croise Redge35 le Gribouilleur Runner, il me reconnait et m’encourage avec quelques mots sympathique et m’assure que mon « coup de moins bien » va passer…

 

L’attente

Je connais l’île, correctement pour y avoir passé plusieurs vacances et fait 2 fois le tour en rando.

Ma femme et mon beau-père font tout ce qu’ils peuvent pour essayer de me rejoindre au plus vite sur la route.

Je trouve le temps interminable ! Je n’arrive pas à me localiser précisément sur une carte, mon écran étant mouillé, le tactile ne marche pas… foutu téléphone de m… 🙂

Nous arrivons à nous croiser 30min environ après mon appel.

Je suis tout blanc ! Et frigorifié ! Je commence par enfiler ma veste de pluie et ma visière, qui me protégera un peu de la pluie !

Un yaourt, un gel et une barre dans le cornet et je prends avec moi 2 compotes et un autre gel.

Avec ça je devrais tenir jusqu’au prochain ravito !

la planete trail

Le calme après la tempête

Dans les 20min qui suivent, je retrouve la forme. Comme quoi l’alimentation sur un sport comme le trail est quelque chose de primordiale !

Nous passons la pointe des poulains, qui est pour moi le plus beau coin de l’ile. Quand on passe cette pointe il y a un avant et un après !

L’avant c’est la pluie et le vent qui nous servent de compagnons, avec pour paysage la mer qui tape les rochers violemment l’air de dire « ici c’est moi qui commande » !

L’après c’est une légère brise et une mer calme, bien moins bruyante qui nous laisse penser « OK tu es arrivé jusque-là, c’est que tu es un gaillard, j’vais te laisser finir pépère » !

Ma vitesse moyenne a baissé du fait de mon hypo et je suis maintenant à 7.7km/h, bon rien de dramatique quand-même…

C’est donc tout gentiment que j’arrive au dernier ravito.

Ici, je prends le temps de m’asseoir et de manger deux sandwichs pain de mie – fromage – jambon ! Je remplis les flasques et je repars avec quelques abricots secs que je mange en marchant pour faire repartir la machine tranquillement.

 

Cette fin magistrale !

Les kms défilent encore très vite, je n’ai pas spécialement hâte d’arriver. L’aventure est belle, je ne m’emmerde à aucun moment tellement ces paysages sont fabuleux !

La solitude aura rarement était présente ! J’ai toujours eu quelqu’un en visibilité soit devant soit derrière.

Il me reste environ 9 kms quand d’un coup, je me sens bien, très bien ! Trop bien ? Aucune douleur, ni dans les montées, ni dans les descentes !

J’ai envie d’accélérer, mais j’ai peur de prendre un retour de manivelle, me faire sécher sur les 5 derniers kms et vivre un enfer sur la fin !

Il reste 6 kms ! Allez feu vert ! J’accélère tant pis on verra bien ! Je parcours les derniers kms à une vitesse de 10 à 11 km/h ! Un truc de fou ! Je double du monde que je ne pensais jamais revoir !

Cela procure une sensation extraordinaire !

J’ai le fort Vauban en visu, c’est bon l’arrivée est toute proche !

La famille est en bas du fort, et m’encourage autant que possible, je vais tellement vite dans la descente que je ne vois même pas par où il faut aller !

Un petit tour du port, et BOOM la surprise du chef, une dernière côte bien raide ! Même si j’ai les jambes, elle pique sévère !

Me voilà dans la toute dernière descente, l’arche est en visu ! Je croise le coach et sa femme, petit check et direction l’arrivée !

Ma femme est là avec le petit, je passe tellement vite que je ne pense même pas à le prendre avec moi pour passer la ligne ensemble… Snif… Mais après presque 11h on a plus toute sa tête !

Un dernier effort pour sauter sur la ligne d’arrivée en gueulant « ARRIIIVVEEEE » aussi fort que je peux !

Débriefing !

Voilà c’est fait ! Je suis Finisher de l’Ultra des Vagues ! 85kms de pur délire !

L’émotion est là, les larmes ne viennent pas ! Elles ont failli quand j’ai vu le fort Vauban pourtant…

J’aperçois la fierté de ma femme dans ses yeux. Moment indescriptible, même si sur le moment nous sommes un peu à l’ouest !

J’apprends que je suis 208eme ! Wouaou ! Extraordinaire ! 208/651 inscrits ! Je n’y crois pas !

En ce qui concerne mes erreurs, je ne suis pas prêt de me faire avoir une seconde fois. Et j’espère que ces lignes vous prouveront que le matériel obligatoire ce n’est pas juste pour faire joli dans un règlement ! J’en ai fait les frais

Ce que je retiens surtout c’est que l’arrivée est belle mais le chemin pour y parvenir est 10 000 fois plus beau…

Cette expérience me montre encore une fois que le corps humain est une machine formidable capable de nous surprendre au quotidien.

Maintenant il faut penser à la prochaine épreuve, ce sera le Trail du Scorff et ses 45kms le 28 octobre.

Si ce n’est pas déjà fait, je vous invite à télécharger mon E-Book qui vous donnera 15 conseils pour courir plus vite.

Je vous dis à très bientôt pour un prochain article ici même !

Mais d’ici là, défiez-vous 🙂

 

« Le bonheur ne se trouve pas au sommet de la montagne, mais dans la façon de la gravir », Confucius.

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