Le mental : comment ne rien lâcher en Trail ?

Propre à chacun et dépendant de l’expérience de vie passée, le mental est une composante du trail qui se travaille. Si certains en ont un à toute épreuve, d’autres se laissent facilement convaincre par la voix du canapé, ou de la navette retour sur un trail ! Si vous doutez que le mental se travaille, demandez vous pourquoi tous les sportifs pros ont un préparateur mental…

Quelle marge de progression avons-nous ? Comment s’exercer à le travailler ? Doit-on se faire violence à tous prix ? Possédons-nous tous les capacités d’arriver au bout de chaque épreuve ? Comment se manifeste-t-il lors d’un trail ?

C’est ce que nous allons voir maintenant !

 

La préparation source de réussite

M. le cerveau

cerveau

Après avoir lu libérez votre cerveau de Idriss Aberkane, j’ai pris conscience combien les neuro sciences n’en sont qu’au tout début des recherches. Ce qui nous amène à penser que le cerveau a encore des capacités inexplorées inimaginables à l’heure actuelle.

Quand on voit dans quel état de trans peuvent se mettre certains moines bouddhistes, marcher sur des braises, ou s’allonger sur des couteaux… Rien qu’à la force du mentale… On se dit qu’on est loin de ce niveau d’acceptation de la douleur quand on a une crampe et qu’on se roule par terre…

Revenons-en au trail…

Si demain un copain vient toquer à ma porte et me dit « vient on est partis là tout de suite maintenant pour 50km ! », je vais probablement lui dire d’aller se faire voir même si j’adore les défis et que j’ai déjà fait plusieurs fois cette distance ! Ce qui change c’est que je ne suis pas prêt psychologiquement !

Lorsqu’on s’inscrit à un trail, notre cerveau intègre que ce weekend là, il va falloir mobiliser des ressources physiques et psy car on va en chier… Mais on est prêt ! Ca peut arriver que des fois on ait pas envie… Dans ce cas si le trail est d’une difficulté très supérieure à notre condition physique, il y a peu de chance qu’on arrive au bout tout en y prenant du plaisir !

Se projeter

se projeter

Afin de s’avoir où on en est dans le trail et connaitre les difficultés qui nous attendent et celles passées, on peut préparer sa course. C’est à dire observer le parcours, le dénivelé, le type de surface, passage de nuit, la météo, regarder des vidéos et lire des récits des éditions précédentes.

Si on sait où on met les pieds, le temps passe plus vite. Enfin ça c’est mon cas… Je sais que certains préfèrent ne pas savoir… J’ai un ami qui a abandonné lors de sa deuxième Diagonal des foufous parce-que justement il savait ce qui l’attendait après et ne se sentait pas en condition !

Mais connaitre le parcours retire des inconnus surtout sur un parcours long et ultra.

 

Le travail du mental

On s’y prend comment ?

Je vous déconseille de vous mettre la misère à chaque entrainement sous prétexte « je travail mon mental » ! Non, ça c’est une mauvaise idée ! Car si cela peut fonctionner un temps, c’est la blessure assurée à moyen terme.

Ce travail va s’effectuer, par petite dose, au quotidien, refuser une bière qui vous fait envie, aller s’entraîner alors que tout le monde est couché, se lancer des défis mensuels !

Personnellement je pratique cette dernière option depuis cette année, je me suis lancé le défi de faire un défi par mois ! Pour le mois de Janvier c’était : « pas d’alcool ! », défi complètement foiré au bout de 4j mais il m’a permis de refuser certains apéros quand même… Ce mois ci, mon défi c’est « Pas de téléphone dans le lit » défi que je tiens après 20 jours de pratique et que je vais conserver même après !

Bref, vous avez compris l’idée, vous pouvez vous lancer des défis pour travailler votre volonté à petite dose, chaque jour.

Se placer des objectifs

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Je crois que je le dis dans tous mes articles mais ça me semble tellement fondamental que j’insiste encore une fois sur l’importance de se placer des objectifs ! Vous pouvez utiliser la technique des objectifs SMART, par exemple !

S : Spécifique, Soyez précis dans la définition de l’objectif, écrivez le en une phrase sur un tableau par exemple
M : Mesurable, Vous pouvez vous mettre comme objectif « je m’entraîne X fois dans la semaine » ou « je vais faire une sortie avec X dénivelé… » il faut pouvoir mesurer l’objectif
A : Ambitieux, un objectif que vous êtes persuadé de réussir n’est pas vraiment un objectif, si vous êtes ultra marathonien, vous mettre en objectif de terminé un 5 km n’a pas grand intérêt
R : Réaliste, à l’inverse du point précédent, ne vous mettez pas comme objectif de monter l’Everest si vous n’avez jamais vu de neige de votre vie… on reste dans de l’accessible quand même !
T : Temporel, donnez vous un temps pour réaliser le défi, gardez un délai court !

Un objectif SMART peut en chasser un autre au bout d’une semaine, ne vous formalisez pas non plus !

Les petites techniques

Comme précisé en intro, c’est le parcours de chacun qui défini la capacité mental eà surmonter telle ou telle épreuve ! En effet, si l’on a jamais habitué son corps à se faire un peu mal on craquera à la première douleur. Alors que celui qui a connu pire relativisera.

Faire le bilan

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« On fait le Bilan calmement en s’remémorant chaque instant
Parler des histoires d’avant comme si on avait 50 ans »

Je m’égare, encore une fois…

Prendre conscience d’un état de « ras le bol » peut être l’occasion de faire un bilan de notre état physique. Partir des pieds et visualiser son corps jusqu’à la pointe des cheveux. La technique peut paraître « youyou » comme ça mais c’est terriblement efficace et vous fera découvrir souvent, qu’en fait vous n’êtes pas si mal que ça !

La technique peut aussi vous faire corriger une mauvaise posture, comme les épaules trop relevées et vous aidez à vous détendre le string !

La photo rassurante

Lors d’un passage à vide (on en a tous), fixez vous une image en tête qui vous fait sourire rien qu’à l’imaginer. Par exemple, votre fils en train de rigoler, ou la plage où vous passiez vos vacances étant enfant… Bref, n’importe quoi du moment que ça vous fait plaisir d’y penser.

Les coups de moins bien sont fréquents en trail et ne pas oublier que « ce que la tête veut, le corps le veut » ! Si vous broyez du noir durant trop longtemps, ça va vous plomber le moral et toutes les raisons qui vous font être là où vous êtes vont s’envoler en moins de temps qu’il ne faut pour le dire !

Sortez votre ange

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Quand la petite voix dans votre tête, qui connait tous vos points faibles sur le bout des doigts s’y met, cela peut être pénible de continuer ! Dans ce cas, il va falloir s’armer de votre joker ! Pour ma part, je me remémore ce qui me fait être là ! J’imagine mon père péter la gueule à ce diable qui voudrait que j’arrête ma course parce que c’est dur ! La visualisation mentale de cette scène me fait sourire et me redonne du courage; jusqu’au coup de mou suivant !

Faut bien s’occuper

« Serge Girard, l’homme qui a en 2010 a fait le tour de l’Union européenne en courant (soit 27 000 km !) en 365 jours (donc pas un guignol !), a l’habitude de faire du calcul mental afin de faire passer le temps et ainsi lutter contre la fatigue physique et morale. » souligne le site lemeilleurdelhomme.com

L’exemple parle de lui même, vous avez compris l’idée. J’ai déjà partagé avec vous la puissance de l’écoute de musique, considéré comme dopant sur les courses officielles ! Nous qui ne visons pas les podiums il faut qu’on se servent absolument de tous ces hacks !

 

On a du boulot !

En définitive, vous l’aurez compris, le trail ne se limite pas aux jambes mais bien à l’ensemble du corps !

Le cerveau y joue donc un rôle primordiale et l’entraîner doit faire partie de votre quotidien pour atteindre vos objectifs aussi ambitieux soient-ils !

En complément de cet article, je vous renvoi à mon tout premier article publié sur ce blog pour voir les 6 excuses de ceux qui arrêtent le sport.

Et faites partie des gens qui se lancent des défis !

« Le mental voit tantôt le bien, tantôt le mal, mails la vision de la vérité ne voit que le bien »
Arnaud Desjardins