Salut salut, je suis le mec qui vient lancer un pavé dans la mare ! Et oui je n’aime pas la VMA ! Désolé messieurs dames routiers ou pro VMAmateur mais je n’en fais jamais, et je n’en ressens pas le besoin !

L’idée d’aller courir autour d’une piste pendant 1h me donne l’impression de me transformer en hamster dans sa roue. Je n’y prend pas de plaisir ! Je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire, je dis que ce n’est pas pour moi !

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Alors comment on fait ? Comment on fait si on veut progresser, allonger les distances, gagner en aisance en course sans tomber dans les programmes classiques ? Ce que je vais vous décrire ici n’est que mon point de vue de coureur, je ne suis pas coach, et n’engage que moi ! Malgré tout il m’a paru intéressant de vous partager mon avis critique et assumé, face à la méthode couramment proposée.

 

C’est quoi la VMA ?

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Vous faites bien de poser la question chers amis ! Pour tout ce qui est lexique je vous invite à vous rendre sur mon article : Le Vocabulaire du Trail !

Pour rappel pour ceux n’ayant pas lu l’article voici la définition de la VMA :

Vitesse Maximale Aerobie ; c’est la plus grande vitesse de course à pied à partir de laquelle une personne consomme le maximum d’oxygène, c’est-à-dire atteint le VO2Max. Calculée lors d’un effort de 4 à 7 minutes, elle sert à déterminer un plan d’entrainement avec des pourcentages de VMA et avoir un temps cible lors d’un marathon par exemple.

Vous voilà bien avancés avec une définition comme celle là ! Déjà dans la définition on sent le truc chiant !

Bon… en plus clair… plus votre VMA est grande plus vous irez vite et longtemps ! A l’inverse, plus elle est faible et moins vous allez loin à cette même vitesse ! Les meilleurs marathoniens ont une VMA à 24-25 km/h ! Au dernier test que j’ai fait j’étais à 16 km/h pour vous donner un ordre d’idée !

Pour travailler la VMA, il faut habituer son corps à courir vite en faisant du fractionné ! Le fameux fractionné ! Qui a déjà vu un plan d’entrainement sans fractionné ??? Impossible ! Ils en mettent tous ! Tout le temps et partout !

Le fractionné c’est le fameux 30/30  ou  45/45…. Un classique ! Durant 30 sec on donne tout ce qu’on a quitte à rendre le repas de la veille, et 30 sec de repos sont autorisés !

Le problème de ces séances

Quand on prend la peine de regarder les blessures des coureurs, on remarque qu’il y a quand même une forte proportion des coureurs qui se blessent chaque année. Alors on peut dire ce qu’on veut, « le mec boit pas assez d’eau » ou « la nana s’étire pas »… nianiania… Mais ma conviction est que ces blessures sont dûs, en partie, à la réalisation de séances à haute intensité !

On va développer les fibres musculaires longues, en faisant des mouvements de grande amplitude pour courir vite, alors qu’en Trail on cherche plutôt à développer les fibres musculaires courtes. En effet, pendant un trail, je ne vois pas grand monde taper une vitesse de 20 km/h durant des heures ! C’est impossible (ou alors celui qui y arrive est bien caché dans le Larzac !).

Je pense donc que ces séances traumatisantes amènent à court ou moyen terme, en fonction du passé sportif et de la condition génétique du coureur, des blessures. Les personnes venant d’un autre sport, comme le volley, le tennis ou autre sport aussi intense soit-il, ont les tendons qui ne sont pas habitués à produire des efforts violents ! S’ils décident de se mettre au trail et de prendre un plan d’entrainement trouvé sur le net, ils vont forcément faire des séances violentes et se blesser avant même d’avoir pu atteindre l’épreuve ! Schéma classique !

C’est quand même incroyable le nombre de gens qui se blessent en courant… Les facteurs sont multiples, je ne dis pas que c’est dû UNIQUEMENT aux séances de VMA. Mais pour moi elles ont leur part de responsabilité… !

On le voit, la préparation à une course est associée à des contraintes, de la fatigue, se forcer à faire un type de séance, des douleurs. A cela s’ajoute, des sacrifices de vie de famille, alimentaires, professionnelles… Bref que du négatif ! C’est à mon sens usant autant physiquement que psychologiquement et le plaisir est très peu présent !

Cela ne peut pas coller sur le long terme dans ces conditions !

 

T’es bien gentil, mais du coup, on fait comment ?

Et bé… encore une super question chers amis ! Vous êtes en forme aujourd’hui !

Il faut chercher à savoir pourquoi on court ? Qu’est-ce-qui nous éclate dans ce sport ? Quelles difficultés on traverse entre le point de départ et le point d’arrivée ? Bref, se reposer les questions fondamentales sur sa propre pratique.

OK ! Alors faisons un peu le tour rapidement…

Des montées, des descentes, de la boue, des cailloux, hiboux choux genoux… je m’égare ! On reprend… des contraintes alimentaires, de la fatigue… et plein d’autres configurations encore mais avec ça on a déjà une bonne base de travail !

Révélation du secret des dieux

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Je vous fais pas attendre plus longtemps ! La solution pour progresser est dans le développement de sa puissance musculaire ! Et oui… Si on sort des programmes venus tout droit de l’athlétisme et manquants de recul car le trail est encore un sport jeune, on peut observer les anciens qui terminaient jadis dans les premiers comme Dawa Sherpa et Christophe Jacquerod. Ils possèdent tous les deux une musculature impressionnante ! Dawa Sherpa l’explique très bien dans le reportage que e-motion lui a consacré.  C’est grâce à l’environnement dans lequel il a grandit qu’il est arrivé à ce niveau ! Monter, descendre, monter, descendre… et on recommence !

Plus de secret, il faut bouffer du D+ et du D- ! On se pète de la fibre grâce aux séances de descente, on récupère et on fait chauffer cuisses et mollets dans une séance de montées, et on recommence.

Alors forcément les non-montagnards comme moi sont biens dans la panade pour taper 1000 m de D+ en continu !

Proposition de programme

Et bin non je ne vous donnerai pas de programme… Pourquoi ? Et bien parce que je pense qu’un programme se construit tous les jours en fonction de votre envie du moment ! C’est pas parce que c’est marqué « séance de côtes » pour l’entrainement du jour, que je suis obligé de faire une séance de côtes ! Il faut garder en tête le plaisir, l’adaptation, et connaitre son corps.

Pour prendre du plaisir à chaque séance, apprenez à varier les terrains. Réaliser des séances de VTT et de marche est un bon moyen pour avoir du volume et de varier.

Pour ceux n’ayant pas le choix, habitant dans un endroit plat sans aucun moyen de faire du D+, la solution se trouvera dans le renforcement musculaire (bien chiant je vous l’accorde), ou dans le déménagement… à voir… 🙂

Pour ceux qui ont du D+ chez eux

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Profitez à fond de votre environnement en variant les types de séances.

Vous pouvez par exemple faire des allers-retours en côtes. On peut aussi utiliser des escaliers pour réaliser ce type de séance. Mettez vous un objectif de D+ par exemple 600m de D+, montée sur 100m (distance), redescendez et ainsi de suite jusqu’à arriver à 600m de D+. Au delà de l’aspect renforcement musculaire évident, on apprend à se connaitre, s’économiser, faire récupérer le cœur et enfin travailler le mental !

Plus c’est long plus c’est bon…

Les méthodes parallèles

On peut aussi utiliser des techniques sans courir pour progresser. A mon sens cela se limite à un public « élite » pour qui chaque détail compte. Je vais donc vous les décrire brièvement et vous ferez un article dessus plus tard.

Vous pouvez utiliser la chaleur pour améliorer les échanges gazeux, de récentes études ont démontré qu’une séance sous une forte chaleur en endurance, serait équivalent à une séance de VMA.

Comme les joueurs de foot ou de rugby le font avant les grosses compétitions, faire des stages en haute altitude vous aidera quand vous redescendrez à une altitude plus basse. Cette merveilleuse machine qu’est le corps, va s’adapter au manque d’oxygène en produisant des globules rouges. Ce gain en transport d’oxygène peut faire gagner 5 à 7% de temps sur une épreuve. Autant vous dire que c’est pas ça qui me fera toucher un podium !

 

Le mot de la fin

mot de la fin

Vous aurez peut-être des résultats plus rapides en faisant de la VMA mais à quel prix… Dans notre société où le « tout tout de suite » est roi, difficile d’entendre qu’en procédant de telle manière on sera bon dans 5 ou 10 ans !

Se mettre minable et ne plus pouvoir voir une paire de pompes pendant une semaine est à mon avis contre-productif.

Se placer des objectifs à court terme est important, mais si c’est au prix de nous plomber pour le reste de notre vie… Pourquoi ne pas se mettre des objectifs à l’horizon 2030 voire plus en fonction de votre âge…

Le mien est d’être un jour le plus vieux sur un ultra trail ! Ambitieux…

Gardez en tête, comme le dit Serge Cottereau, « on doit terminer une séance et être capable de la refaire ».

Et n’oubliez pas de vous lancer des défis !

 

3 pensées sur “Progresser sans VMA !”

  1. Je suis entièrement d’accord avec le constat sur la VMA. On pratique un sport d’endurance. La « chasse » au 1/10è de km/h supplémentaire de VMA ne sert à rien sans une grosse base de foncier. Cottereau et les grands entraîneurs ne s’y trompent pas.

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